Charente, douce et calme…

 

Au plus fort de l'été J'ai nagé dans tes eaux, Près du moulin de Tan, A deux pas de l'église. Août avait débuté, Etouffant et très chaud, Son soleil éclatant, Brûlait malgré la brise.   A l'automne fruité J'ai parcouru tes rives, Surpris des ruminants Assoupis et languides. Des arbres agités Les feuilles en dérive Descendaient doucement Vers ta masse liquide.   Au plus froid de l'hiver J'ai vu les pendentifs Qui paraient tes buissons, Et la blanche vareuse Sur les prés bas déserts. J'ai lu en négatif Les pas d'un chien errant Dans la neige poudreuse.   A l'orée du printemps J'ai humé les senteurs Violentes et subtiles De la sève en furie. Ton cours qui prend le temps Et coule avec lenteur Devenait indocile, Inondant les prairies.

Mémageon.

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