AUTOMNE

 

Les derniers beaux jours étirent leur flemme
Dans la classe encor morte des vacances.
Septembre s'en va et l'automne sème
Sous les châtaigniers sa triste vendange.
Tout meurt lentement, tout aspire à vivre :
le fruit est gonflé quand l'arbre s'étiole.
Dans le soleil chante une alouette ivre
De cette chaleur que chaque hiver vole.
La salle s'endort sous les chauds rayons
Et mon âme va triste et vagabonde.
Là-bas c'est un champ vêtu de sillons.
Sur son drap de deuil les corbeaux abondent.
Une vigne ici croule sous les grappes.
Dans un bois de chênes un lièvre s'enfuit
Tandis qu'on entend quelques chiens qui jappent.
Bientôt retentit un coup de fusil.
A pas de velours s'éloigne la vie
Comme les brouillards surgis de la nuit.

Mémageon

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